Une douzaine de grands-parents se sont retrouvés à Sainte-Anne. L’animation s’est organisée autour d’un texte sur le catéchuménat, texte issu de la  revue jésuite Cor Unum (qui signifie « Un seul cœur ». Il « exprime la sollicitude de l’Église catholique envers les nécessiteux, afin que soit favorisée la fraternité humaine et que se manifeste la charité du Christ »), revue à laquelle le Père Thierry est abonné et fraternité à laquelle il appartient.

Résumé de l’article sur le catéchuménat du point de vue sociologique :

Une hausse spectaculaire est constatée du nombre de personnes demandant à devenir catholiques : en 2025, 17788 adultes et adolescents ont été baptisés dans l’hexagone, dont 10384 adultes, contre 7135 en 2024 et 5463 en 2023. Les 11-17 ans, étaient 7404 en 2025 contre 1547 en 2022. Ce phénomène ne concerne pas que la France, mais s’étend plus largement (Belgique, Suisse, Allemagne, Canada,  États-Unis, Italie ou Grande-Bretagne).

Cette notable progression est d’autant plus étonnante  que l’Église catholique connaît une grave crise de confiance liée aux abus sexuels, et que d’autres  indicateurs montrent plutôt un déclin : désertion de la pratique dominicale, chute du nombre de baptêmes de nouveaux-nés,  baisse du nombre de célébrations de mariages et de funérailles, fermeture des séminaires. Les sociologues pensent que l’Église est bien en perte de vitesse, et qu’elle risque fort de se réduire à un petit noyau. A vrai dire cette diminution n’est pas contrebalancée par l’afflux de catéchumènes et la perte de la foi paraît bien se confirmer. Deux livres explicitent cette évolution Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir Chrétiens (Antoine Pasquier) et Entretiens sur le présent et l’avenir du Catholicisme (Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel).

Beaucoup de catéchumènes évoquent un appel de Dieu dès leur enfance, ou une grand-mère qui  cherchait à leur transmettre la foi. La transmission n’a donc pas complètement disparue même si elle est beaucoup plus ténue qu’autrefois.

Presque tous les adolescents et adultes attirés par l’Église et qui ne sont pas encore baptisés mettent en avant l’importance de la lecture de la Bible comme une ressource pour leur vie et utilisent Internet comme outil dans leur parcours de la découverte de la foi (que ce soit des vidéos d’influenceurs chrétiens sur YouTube ou TikToc ; des sites de prières, des parcours bibliques en ligne, etc…)

Et puis un jour, les futurs catéchumènes décident d’aller à la messe. Ils le font parfois seuls, ou avec des amis catholiques. Beaucoup choisissent le Carême, et plus particulièrement la messe des cendres, pour débuter leur  exploration de la messe, peut-être parce que cette période est celle d’un appel à la conversion.

Les futurs catéchumènes discutent volontiers de la  religion ou de leur découverte de Dieu, mais,  curieusement, peu du Christ. De même, ils paraissent ignorer le fait que Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit !!!

Un grand nombre de catéchumènes attendent de l’Église un cadre structurant, des valeurs morales et une spiritualité ayant fait ses preuves. Ils sont souvent attirés par la liturgie, qui représente un patrimoine vieux de deux millénaires et un moyen  de s’identifier à un groupe. Ils privilégient les rites réputés anciens d’où leur attrait pour des formes traditionnelles de pratique, pour des signes distinctifs visibles et une certaine rigueur comme le jeûne au moment du carême.

La question importante que se posent souvent les paroissiens est celle du suivi de ces catéchumènes baptisés et confirmés.

Après les sacrements, un grand nombre de ces nouveaux chrétiens cessent de venir à la messe (déménagement, mariage, études, travail), considérant ne pas appartenir à une paroisse, étant comme des « électrons libres ». Ces catéchumènes ne voient pas la foi comme une transmission, mais comme un moyen de parvenir à l’harmonie intérieures et à la réalisation de soi ici-bas : le bonheur et l’épanouissement plutôt que le sacrifice de soi pour Dieu et pour les autres.

Le texte d’origine est écrit par Stanislas DEPREZ, Équipe diocésaine d’accompagnement pastoral de Tournai

Débat et échanges sur ce texte :

Trois questions sont débattues :

1) Dans votre environnement, faites-vous les mêmes constatations que celles qui sont énoncées dans l’article ?

2) Que faudrait-il mettre en place pour mieux accueillir les catéchumènes ? Quelles propositions faire aux néophytes pour qu’ils se sentent  faire partie de l’Église ?

3) Quelle différence voyez-vous entre transmission (du latin tradere=tradition de l’Église) de la foi et éveil à la foi ?

Échanges et réflexions diverses :

-Nous faisons bien les mêmes constatations dans nos entourages quant à l’augmentation des demandes de sacrements. Nous mentionnons même une très forte de mobilisation de jeunes, certains non baptisés au moment du Jubilé de Sainte-Anne. Ils sont venus pour « chercher Sainte-Anne ». D’aucuns ont répondu à un  appel de Madame Sainte-Anne.

-Le Père Thierry, proche des jeunes au Sanctuaire, constate une souffrance des adolescents en recherche, due à l’attente de l’accord de leur parents.

-Le problème de la transmission pourrait également venir du fait que les grands parents sont de la génération mai68, période de « remise en question » de l’autorité. Certains n’ont rien « donné » à leurs enfants !!! Or nos jeunes sont en recherche de cadre structurant d’où une résurgence d’une recherche à une appartenance. (exemple :la France fille aînée de l’Église, depuis le baptême de Clovis en 496, et rappelée par le Pape Jean-Paul II au Bourget en 1980).

-Le Père Thierry nous livre son propre témoignage : il a été baptisé il y a 20 ans dans la  Paroisse de Bangor (Commune à Belle-Île-en-Mer )  ; ce fut un long chemin avec beaucoup d’obstacles pour accéder au Baptême.   Son Père n’était pas croyant, sa mère l’était mais elle ne croyait pas à la résurrection. Dès son enfance, malgré tout, il croyait en Dieu créateur et priait Marie. Il a commence très tôt une vie de prière sans être baptisé. Il priait le Chapelet mais n’allait pas encore à la Messe. Avant le Baptême, le Père Thierry croyait  déjà très fort en Jésus et en  sa  résurrection. Ensuite, il a commencé à aller à la messe avec des amis, puis s’installant à Belle Ile, il a été touché par les homélies du Père Claude… Jusqu’au jour où un paroissien lui a dit : « pas baptisé, pas Chrétien !!! ». C’est à ce moment là qu’il a commencé une démarche de Baptême.

-Pour se marier suivant le rite catholique, il  faut qu’au moins qu’un des deux époux soit baptisé.

-Pour ce sacrement les futurs époux ne se marient pas à 2 mais à 3 avec Dieu, c’est une contrat à trois.
-Il est indispensable d’échanger sur la question des enfants pendant la préparation au mariage.
-Le Signe de Croix est un exorciste et La Croix est un sacrifice par lequel on passe pour  aller vers le Seigneur.
-Les parrains/ marraines ne doivent pas prendre la place des Parents après le baptême mais ils doivent accompagner leur filleul dans leur vie.
Le baptême des catéchumènes inclut trois sacrements : le baptême, la confirmation et l’eucharistie.
Tous les sacrements sont d’ailleurs reliés à l’Eucharistie.
-l’ Église exige le sacrement de l’Eucharistie  une fois par an, au minimum à la veillée Pascale.
-Il est également exigé d’aller une fois par semaine à  la messe (sans forcément communier). Le fait d’aller à la messe, c’est « faire communion » même sans sacrement de l’Eucharistie (par exemple pour les divorcés)
-Le non respect d’une de ces deux exigences peut valoir une excommunication qui est une « sortie » de la communauté de l’Église ???
-La religion catholique n’est  pas une morale mais nous demande d’être avec le Christ et de le suivre.

Le Père Thierry évoque la culture Juive : elle met en avant les concepts des 2 seuls états fondamentaux d’accompli et d’inaccompli qui sont difficiles à comprendre pour nous Chrétiens. Dans la religion Juive, ils étudient les Écritures, avec une pensée elliptique qui consiste à ne pas raisonner chronologiquement (ce que nous faisons dans notre culture chrétienne) mais à avoir une lecture du début et de la fin en se revenant vers le « centre » : c’est le Cœur. 

Il n’y a pas de futur ; Dieu dit à Moïse: « Je suis celui qui suis ».

-En relation avec la question2, dans le Diocèse ils y a de nombreuses propositions d’accueil des catéchumènes, mais peu dans les paroisses, particulièrement après leur baptême. Il faudrait sans doute plus d’implication des paroissiens, pas forcément liée à la messe mais surtout lié à la communauté (journées de rencontres, repas partagés, randonnées-pique-nique).

-Le Père Thierry rappelle en conclusion qu’il nous faudrait lire Dei Verbum (DV), ou la Constitution dogmatique sur la Révélation divine. C’est l’une des quatre constitutions conciliaires promulguées par Ie concile œcuménique du Vatican (Vatican II). Portant sur la révélation divine, ce texte est voté le 8 septembre 1965 et solennellement promulgué le 18 novembre 1965 par le pape  Paul VI . En six chapitres, il refait le point sur la manière dont Dieu se révèle à l’homme dans les Saintes Écritures reçues par les chrétiens comme Parole de Dieu.

Christian Lecuyer